Les pogroms et la torture
Le 20 août 1955 une série de pogroms particulièrement
atroces sont perpétrés dans la région de Philippeville par des civils musulmans
encadrés par les combattants du FLN de la wilaya 2 dirigée par Zighoud Youcef
(زيغود يوسف en arabe).
Des pogroms similaires dans l'atrocité et la barbarie ont lieu au Maroc à la
même date qui est le deuxième anniversaire de la déposition du sultan du Maroc.
Le but de ces pogroms est hautement cynique, Zighoud
Youssef entend faire régner la terreur chez les européens par des actions
d'extermination systématique, mais aussi engendrer une répression de l'armée
Française à la hauteur des crimes commis. Le but est de creuser un fossé
définitif entre les deux communautés.
L'usage de la torture par le
FLN est ici généralisé dans le cadre d'un plan d'action concerté. Est
spécifiquement visée une minorité ethnique, sont volontairement visés les
civils, les familles quelque soit l'âge, l'usage du viol est systématique.
Le fondement de la politique du FLN est jeté, loin des propos de salon
prétendant épargner les civils européens.
Philippeville
Des dizaines de milliers de civils musulmans encadrés par
les hommes de l'ALN rentrent dans la ville et massacrent
systématiquement les européens qu'ils trouvent ainsi que les musulmans ayant des
sympathies française ou employés par des français.
La présence massive de l'armée Française limitera
énormément le nombre de victime, une dizaine tout au plus.
El Halia
La sauvagerie et le luxe de sévices pratiqués à El Halia
aura un impact psychologique déterminant sur les populations européennes et
l'armée Française.
El Halia est une mine de fer proche de Philippeville où
2.000 musulmans vivent avec 130 européens. Le 20 aout 1955, une foule d'hommes
et de femmes armés de fusils, de haches et de couteaux déferle sur le village
aux cris de "djihad".
Les européens tentent d'échapper au massacre où l'assassinat succède à la
torture. Les hommes sont égorgés, les femmes et les filles violées avant d'être
éventrées, les bébés éclatés contre les murs, les enfants massacrés au couteau
et à la hache.
Les communications avec l'extérieur avaient été coupées et carnage durera
trois heures avant l'arrivée des secours.
Au total une trentaine de personnes seront torturées et périront pendant le pogrom de El Halia.
Aïn-Abid
Une seule famille (Mello) sera torturée et exécutée à
Aïn-Abid, mais avec une barbarie extrème. Le père est amputé à la hache de ses
bras et de ses jambes, une petite fille nouveau né de 5 jours est découpée puis
placée dans sa mère éventrée. La fille de 11 ans et sa grand mère sont violées
et assassinées.
Zighoud Youcef, héros de l'indépendance.
Le commandant dirigeant le pogrom d'El Halia, Zighoud Youcef, qui est mort dans un accrochage avec l'armée
Française en 1956, est célébré comme un héros et nombre de rues ainsi que
des lycées portent son nom en Algérie, jusqu'à son village natal précédemment
appelé Condé-Smendou et rebaptisé à son nom .
- ↑ Le Temps des Léopards - Yves
Courrières p.208
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